À entendre certains discours de campagne, la droite prillérane voudrait apparaître comme une force d’idées, un moteur pour la commune, une alternative crédible et ambitieuse. Encore faudrait-il que cette prétention repose sur des faits.
Or, lorsqu’on regarde concrètement les objets déposés au Conseil communal durant la législature 2021–2026, le constat est limpide : la droite parle beaucoup d’efficacité, de gestion et de pragmatisme, mais elle propose peu, et surtout elle ne porte aucune vision cohérente pour l’avenir de Prilly.
Objets déposés au Conseil communal de Prilly – Législature 2021–2026
Groupe politique |
Total |
Interpellations |
Postulats |
Questions écrites |
Questions orales |
PSIG |
57 |
31 |
6 |
13 |
7 |
Les Vert.e.s |
27 |
8 |
10 |
5 |
4 |
PSIG + Vert.e.s |
5 |
0 |
3 |
2 |
0 |
PLR |
12 |
4 |
1 |
5 |
2 |
UDC |
10 |
10 |
0 |
0 |
0 |
Vert’libéraux |
10 |
4 |
2 |
1 |
3 |
COFIN |
2 |
2 |
0 |
0 |
0 |
Total |
123 |
59 |
22 |
26 |
15 |
Une Droite sans idées ni projets
Sur la base du relevé des objets déposés durant la législature, les formations de gauche et écologistes ont très largement animé le débat communal. Le PSIG a déposé à lui seul 57 objets, les Vert.e.s 27, auxquels s’ajoutent encore cinq dépôts communs. En face, la droite apparaît singulièrement légère : 12 objets pour le PLR, 10 objets pour l’UDC et les Vert’libéraux, et aucun (zéro) objet pour le Centre. Même en additionnant largement tout ce bloc, on est très loin d’une dynamique de proposition comparable. Ceux qui prétendent incarner l’alternative sont en réalité, dans les faits, les plus léthargiques lorsqu’il s’agit de mettre des idées sur la table.
À Prilly, c’est la Gauche qui porte les projets
Bien sûr, la politique ne se réduit pas à une course aux statistiques. Mais les chiffres disent quelque chose d’essentiel : ils révèlent où se trouvent le travail de fond, la constance et la capacité à transformer des préoccupations concrètes en initiatives politiques. À Prilly, ce sont la gauche et les écologistes qui ont porté les questions de logement, de mobilité, de solidarité, de culture, de climat, d’inclusion, de pouvoir d’achat, de qualité des services publics et de cohésion sociale. Ce sont elles qui ont interrogé les choix municipaux, proposé des améliorations, défendu une commune attentive à toutes et tous.
Une droite sans vision
À droite, que voit-on surtout ? Une série d’interventions souvent ponctuelles, défensives, techniques, voire réactives. Peu d’orientation d’ensemble. Peu de souffle. Peu de projet communal. La droite critique volontiers, mais peine à dire clairement ce qu’elle veut construire. Quelle vision a-t-elle du logement à Prilly ? De l’aménagement urbain ? De la transition écologique ? De la place des familles, des jeunes, des aîné·e·s ? Des services publics de proximité ? De la vie associative et culturelle ? Du développement d’une commune solidaire dans un contexte de pression sociale et financière croissante ? Sur toutes ces questions décisives, son discours reste flou, fragmenté ou absent.
Administrer n’est pas une vision
C’est là le vrai problème. Une commune ne se dirige pas à coups de slogans sur la “bonne gestion”. Gérer n’est pas un projet. Administrer n’est pas une vision. Répéter qu’il faut être “raisonnable” ou “pragmatique” ne dit rien de la direction que l’on veut prendre. Derrière le vernis de compétence que la droite aime afficher, il y a trop souvent un vide politique : pas de cap, pas de priorité clairement assumée, pas de réponse structurée aux besoins de la population.
Pour le Parti socialiste, Prilly mérite mieux qu’une droite de circonstance, rassemblée surtout pour les élections mais incapable de formuler un horizon commun pour la commune. Une alliance n’a de sens que si elle porte un projet. Or, ici, on voit surtout une addition d’intérêts individuels, pas une ambition collective. Quand il s’agit de défendre concrètement le droit au logement, l’égalité d’accès aux prestations, la qualité de l’école, les infrastructures publiques, la justice fiscale ou la transition écologique, la droite n’apparaît ni unie ni proactive.
Une Gauche qui investit dans l’intérêt général
À l’inverse, nous assumons une orientation claire : une commune qui protège, qui redistribue la richesse, qui anticipe, qui investit dans l’intérêt général et qui refuse de laisser de côté celles et ceux qui vivent déjà les effets de la hausse des coûts, des difficultés de logement, des inégalités sociales et des bouleversements climatiques. Nous voulons une Prilly plus solidaire, plus durable, plus démocratique et plus agréable à vivre. Cela suppose des choix politiques, pas seulement des commentaires sur les choix des autres.
La question n’est donc pas de savoir qui parle le plus fort ou qui se présente comme “responsable”. La vraie question est simple: qui travaille, qui propose et qui porte une vision pour Prilly ? À la lecture des objets déposés durant cette législature, la réponse est claire. La gauche construit. La droite commente.

