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Pourquoi le vote ouvrier est incompatible avec l’extrême droite

Le vote ouvrier devrait aller à celles et ceux qui défendent salaires, retraites, services publics et droits sociaux. L’extrême droite divise, désigne des boucs émissaires et détourne la colère. Le camp du travail a besoin de solidarité.

Le monde du travail mérite mieux que la division

Le vote ouvrier exprime une aspiration profonde à la dignité, à la sécurité matérielle, à la reconnaissance et à la justice. Il devrait naturellement aller vers les forces politiques qui défendent les salaires, les retraites, les services publics, l’emploi, la protection sociale et les droits démocratiques. De ce point de vue, le vote ouvrier est incompatible avec l’extrême droite.

Car l’extrême droite prospère sur les difficultés réelles du quotidien, mais elle ne propose jamais de réponse juste à ces difficultés. Quand les salaires stagnent, quand le logement devient inaccessible, quand les primes d’assurance-maladie explosent, quand les conditions de travail se dégradent, elle détourne la colère populaire vers de faux responsables. Elle accuse l’étranger, le frontalier, l’invalide, le chômeur, bref le plus faible. Elle ne remet pas en cause les logiques économiques qui organisent la précarité, la mise en concurrence et les inégalités.

Or, pour le Parti socialiste, la réponse aux souffrances sociales ne peut jamais être la stigmatisation. Elle doit être la justice.

La solidarité contre les boucs émissaires

Le monde ouvrier n’a jamais eu intérêt à la division. Son histoire est au contraire celle des solidarités construites dans les ateliers, les usines, les quartiers populaires, les syndicats, les coopératives, les associations et les luttes démocratiques. Chaque fois que les travailleurs ont obtenu des droits, ils l’ont fait en s’unissant, pas en se méfiant les uns des autres.

L’extrême droite cherche exactement l’inverse. Elle fragmente le peuple et le salariat, oppose les catégories populaires entre elles et alimente la peur pour empêcher toute prise de conscience collective. Elle remplace la question sociale par la question identitaire. Elle remplace le débat sur le partage des richesses par une obsession de l’exclusion et de soi-disant « abus ». En réalité, cette politique sert toujours les mêmes intérêts : ceux de l’ordre établi, de l’injustice sociale et des privilèges économiques.

Le vote ouvrier, lorsqu’il est fidèle à ses intérêts, ne peut pas choisir ceux qui divisent les salariés au lieu de défendre leurs droits.

L’égalité sociale comme boussole

Pour le Parti socialiste, la vraie réponse aux colères populaires est claire : il faut mieux répartir les richesses, renforcer les salaires, protéger les retraites, développer les services publics, défendre les assurances sociales, investir dans la formation, lutter contre la précarité et garantir à chacune et chacun une vie digne.

Cela suppose aussi de combattre toutes les formes de dumping, de protéger les travailleurs contre l’arbitraire, de faire respecter les conventions collectives, d’assurer l’égalité entre femmes et hommes, de défendre la santé au travail et de garantir des droits à toutes celles et ceux qui vivent de leur travail. Là se trouve la vraie ligne de partage politique : entre celles et ceux qui veulent étendre l’égalité, et celles et ceux qui instrumentalisent les difficultés sociales pour mieux hiérarchiser la société.

L’extrême droite ne combat pas les inégalités à la racine. Elle les réorganise autour de la peur, de l’exclusion et de la préférence nationale.

Un choix de dignité et de démocratie

Le vote ouvrier contestataire n’est pas un vote de colère aveugle. Il devrait être un vote de lucidité, de dignité et d’espoir. Un vote pour celles et ceux qui défendent le pouvoir d’achat, les droits sociaux, les libertés syndicales, l’égalité des chances, la démocratie et l’État de droit. Un vote pour une société où l’on ne monte pas les uns contre les autres, mais où l’on construit des protections communes.

C’est pourquoi le vote ouvrier et l’extrême droite sont fondamentalement incompatibles. Parce que l’un repose sur l’idée que le progrès social se construit ensemble, quand l’autre prospère sur la division. Parce que l’un vise l’émancipation par l’égalité, quand l’autre entretient les fractures pour consolider les dominations. Parce que l’un défend les principes démocratiques, les droits collectifs et la solidarité, quand l’autre substitue à la justice sociale une politique du ressentiment.

Le camp du travail n’a rien à gagner dans la haine, le repli et la désignation de boucs émissaires. Il a tout à gagner dans la solidarité, la démocratie et le combat pour plus d’égalité. C’est là, et nulle part ailleurs, que se trouve l’avenir du vote ouvrier.